Mariame Tity Touré : « Les TIC permettent aux femmes d’être libérées de leur traditionnel manque de libertés »

105

L’AUTONOMISATION DES FEMMES PAR LES TIC

Copyright: Jiggen Tech

Copyright: Jiggen Tech

Il n’est plus à démontrer que dans nos communautés africaines, les femmes sont de véritables battantes. Elles contribuent grandement à l’économie de nos états même si en retour les retombées de ces économies ne leur profitent pas comme il se doit. Elles sont dans l’agriculture, l’élevage, l’artisanat, le petit commerce, les services etc. Les femmes sont généralement multitâches et ont toujours fait preuve de créativité pour assurer leur autonomie sur le plan économique.

Toutefois, le constat est qu’en Afrique, la fracture du genre est une réalité estimable. En fait, malgré les efforts fournis par plusieurs états africains en terme de politique d’égalité du genre et l’autonomisation des femmes, ces dernières sont de plus en plus confrontées à un réel déséquilibre des genres dans plusieurs domaines notamment celui des TIC. Celles-ci représentent tous les outils à notre disposition en termes de télécommunication, d’informatique, d’audiovisuel, d’internet, de multimédias…

En effet, à l’heure où les technologies de l’information et de la communication  prennent une place grandissante dans la vie quotidienne et professionnelle, on ne pourrait outre passer l’apport de ce secteur dans le processus d’autonomisation des femmes. Le potentiel des TIC en termes de changement sociétal dans les pays en développement est non négligeable.

En Afrique, les TIC offrent aux femmes de s’épuiser moins, de faire des choses et d’obtenir des résultats remarquables. Grâce au téléphone portable et à l’internet, elles peuvent désormais se passer des longues distances à parcourir, passer des commandes chez leurs fournisseurs ou proposer leurs produits à leurs acheteurs sans quitter leur foyer. En fait, le pouvoir qu’ont les TIC de relier les gens entre eux et de les mobiliser peut contribuer considérablement à l’autonomisation des femmes

En outre, les TIC peuvent réellement aider les femmes à mettre leurs possibilités en valeur grâce à l’éducation tant celle des femmes que celle de leurs enfants. L’éducation et l’acquisition de connaissance en ligne permettent aux femmes de se qualifier pour relever les défis mondiaux et les aident en même temps à créer un meilleur cadre pour assurer l’éducation de leurs enfants. L’usage des TIC permet en plus aux femmes d’être libérées de leur traditionnel manque de libertés dans les sphères privées et domestiques, de communiquer et d’avoir accès à l’information, à la vie publique et civile. Ceci constitue, en fait, une révolution d’autant plus que la marginalisation des femmes en termes de communication a, toujours, été un moyen de les maintenir dans un statut social inférieur aux hommes.

Enfin, les TIC participent à l’autonomisation des femmes dans la mesure où elles ont  pris conscience de leurs droits, leur bien-être, la confiance en soi. A ce niveau, plusieurs  plateformes ont été établies par les femmes à travers les médias sociaux afin de pouvoir  dénoncer leurs souffrances : mariages précoces, violences conjugales, illettrismes, mortalités infantiles…  Toutefois, il convient de préciser que l’éducation constitue le seul outil pouvant permettre une  bonne maîtrise des TIC. Sans cela il est difficile d’inculquer la culture du numérique à des femmes qui n’ont jamais été à l’école. Les états doivent, de ce fait, se mettre dans une logique de promotion des TIC.

Copyright: Jiggen Tech

Copyright: Jiggen Tech

Un autre type d’inaccessibilité aussi est le coût souvent élevé des dispositifs technologiques empêchant un manque d’expérience d’utilisation locale. Bien que l’Afrique ait su très tôt adopter le smartphone, l’internet demeure toujours un service cher et à couverture limitée.

Malgré ce contexte, plusieurs états africains ont financé les projets afin d’encourager l’autonomisation des femmes par les TIC. A ce titre d’exemple, le gouvernement du Togo et ses partenaires de développement ont lancé de nouvelles initiatives visant à renforcer l’autonomisation des femmes en les aidant à identifier  et à exploiter des marchés de niches mais également à accroitre leurs contributions aux différentes chaines de valeurs. C’est dans ce sens, que la fédération des femmes entrepreneurs d’affaires du Togo en collaboration avec le PNUD ont mis en place le programme INNOV’UP. Dans le même sillage, nous avons JIGUENTECHHUB qui est une initiative d’origine sénégalaise qui a pour objet de rééquilibrer la balance des genres dans le domaine des TIC.

En Afrique, plusieurs femmes ont réussi leurs autonomisations aux moyens des TIC. A ce titre, on distingue la Kényane NJERI RIONGE, considérée comme l’une des plus grands entrepreneurs d’Afrique. Son entreprise fait partie des meilleures de l’Afrique orientale et est cotée à 173 millions de dollars. On retrouve dans la même catégorie, l’ivoirienne GUENNOU REMARK directrice adjointe de CANA OVERSEAS AFRICA. Elle a reçu dans son pays plusieurs distinctions pour son dynamisme et ses performances. Sans oublier les femmes sénégalaises à l’instar de MOUSSOUKORO DIOP pour son influence notable dans le domaine du digital en Afrique avec la FAO, et également la tonitruante et dynamique activiste/blogueuse pour la cause des femmes africaines JALY BADIANE, membre et championne du programme Women In Média Network de Graça Machel Trust

En définitive, la technologie est une chance  pour les africaines, à la fois un moyen d’asseoir leur autonomie et de combattre toute discrimination basée sur le genre.

MARIAME TITY TOURE




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *