Sénégal: Une Transition Digitale Aux Éléphants Blancs (Par Malick Faye)

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Le changement que nous espérons ne viendra jamais des autres mais, plutôt de nous. En fait, depuis plus deux décennies nous perdons quasiment notre temps sur des activités qui n’aboutissent guère sur du concret.
Symposium, panel, conférence, colloque… Toujours les mêmes mots, les mêmes personnes, les mêmes discours, analysant les angles ou les mêmes couleurs, parfois venant des idéologies flambant neuf et des écoles de commerce ou de communication, qui n’ont qu’une seule vocation, vendre. Quand allons-nous acheter ce dont on a besoin réellement ? Loin sans faute, quelles sont les conclusions de la Semaine Nationale de la Solidarité Numérique (SNSN)? Qu’en est-il de la stratégie numérique Sénégal 20 XL? Quel est l’impact « des mardis du numérique » ? Autant d’initiatives çà et là qui se glorifient à chaque fois du taux de pénétration de téléphones mobiles ou du nombre de puces en circulation pensant que ces agrégats pourraient faire valoir la bonne santé du numérique au Sénégal.
En fait, selon l’Union internationale des télécommunications (UIT) on ne peut évaluer l’indice de développement des TIC en s’appuyant seulement sur le taux de pénétration du mobile. Alors, soyons plus conséquent avec nous-même! la croissance véritable de l’économie numérique n’est ni dans les concepts ni à travers les slogans mais, ça commence par un écosystème favorable, bâtie sur la base d’un système éducatif novateur et durable.
À-propos, digitalisation, transition digitale, ou virtualisation des démarches administratives ne sont pas de simples accessoires marketing ou d’outils funs! En réalité, ce sont de véritables révolutions dont nous ne sommes pas prêts encore à appréhender pour drivers raisons. La fracture numérique est elle effective?
Qu’en est-il de la connectivité? Est-ce que la fibre optique et la 3G ont fait le maillage du territoire national? D’ailleurs, selon afrobaromètre 75% des jeunes de 15 à 29 ans en Afrique affirment n’avoir jamais accès à Internet, pire le Cap-Vert dispose 20% d’accès à l’Internet par foyers contre 5% pour le Sénégal. Sans risque de me tromper,  nous ne disposons pas encore d’une législation moderne pouvant entre autre rassurer le e-senegalais sur les questions épineuses de la cybersécurité et des normes d’implémentation des systèmes d’informations.
Alors, chers amis acteurs du numérique ne pensez pas embarquer les objets connectés aujourd’hui, car  nous risquons de voir demain pire qu’Ebola.
Malick Faye
ITC & Chef de Projet Multimédia



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