Sénégal: Et si la solution au chômage était dans le numérique?

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« Un travailleur qui ne peut pas trouver d’emploi est un personnage infiniment plus tragique que n’importe quel Hamlet ou Œdipe » John Morley. En effet, dans tous les pays du monde, la problématique de l’emploi des jeunes se pose de manière cruciale. Au Sénégal, la population est de 81% de jeunes dont 2/3 sont au chômage. C’est du moins vers cette large proportion que convergent jusqu’à ce jour toutes les statistiques.

Stressé, inquiet tels sont les calvaires que vivent bon nombre de jeunes par rapport à leur difficulté de trouver un emploi décent.  Certes l’Etat du Sénégal a plusieurs fois réaffirmé sa volonté par l’établissement  de politique d’insertion des jeunes. Toutefois, ce phénomène est toujours aussi préoccupant.

A mon humble avis, la meilleure manière de résoudre la problématique de l’emploi est l’exploitation d’autres secteurs  porteurs d’emplois.

Aujourd’hui la tendance est au numérique. Communément appelé « l’équivalent moderne du pétrole ». Les technologies numériques réinventent notre société en investissant progressivement tous les domaines de notre vie quotidienne et tous les secteurs de l’économie. De l’innovation médicale à la mobilité, en passant par la communication, l’industrie, la sécurité, le traitement de l’information, le développement des loisirs… Le numérique révolutionne nos manières de produire et d’interagir avec notre environnement.

Le secteur du numérique est, en effet, porteur d’emploi et constitue un levier important de la croissance et de la compétitivité des pays.

Au Sénégal, toutes les entreprises qu’elles soient du secteur ou pas, font usage du numérique pour se développer, améliorer leur processus interne ou offrir de nouveaux services. C’est ainsi que le secteur de la finance recourt au big data pour traiter et analyser les données et en tirer une information ajoutée de la même manière. Le secteur des transports utilise des systèmes embarqués et en offre de types numérisés innovant pour répondre aux enjeux de réduction de trafic, de sécurisation, des modes de transport ou de systèmes de ticketing multi-support.

La médecine avec tous les dispositifs embarqués intelligent qui permettent de recueillir les données du patient et de les transmettre aux médecins. Sans oublier les opérateurs de téléphonie mobile… Les start-up numériques se multiplient de jour en jour en englobant une partie importante des jeunes en âge de travailler: développeurs, designers, statisticiens, web marketeurs, etc.

En somme, ce sont tous des secteurs d’activités qui font sans cesse usage au numérique et appellent à de nombreuses familles de métiers. Partant de ce constant, on devrait plutôt assister à une multiplication des fonctions et des opportunités de travail.

En France par exemple, la question du chômage est inscrite comme « grande cause ». Ainsi, grâce aux techniques du numérique, de nombreuses idées ont émergé pour lutter contre ce fléau. C’est dans ce sens qu’au cours de l’année de 2016, 35000 recrutements ont été opérés dans le secteur numérique. En 2017, le défi a été de former et d’épauler 300000 jeunes désireux d’entreprendre dans ce secteur. Et des emplois continuent d’être créés, chaque année, dans le numérique.

A l’Etat du Sénégal, l’heure est d’encourager et de préparer la jeunesse à de nombreuses famille de métiers du numérique, de mettre en place des formations allant dans ce sens et un accompagnement partiel. Le numérique s’adresse à tous les profils, étudiants sortis des écoles, jeunes non diplômés ou les personnes en reconversion.

En outre, l’Etat du Sénégal doit encourager entrepreneuriat  numérique afin d’inciter les jeunes à démontrer leurs capacités avec des solutions innovantes correspondant aux besoins des populations. JUMIA et Touch en sont des belles illustrations.

En définitive, le numérique représente actuellement un excellent outil de lutte contre le chômage. Le défi est alors lancé !

MARIAME TITY TOURE