Fintech: l’essor de la digitalisation des marchés financiers au Sénégal

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La démocratisation de l’internet a enclenché le développement du numérique dans la chaîne de valeur mondiale. A cet effet, l’essor digital a permis de booster  plusieurs secteurs d’activités économiques. Le Sénégal est considéré comme le pionnier dans l’activité numérique en Afrique. Toutefois, des défis majeurs s’imposent dans la promotion de la digitalisation des secteurs d’activités économiques.

Ainsi, il ne fait aucun doute que l’activité bancaire constitue un levier considérable dans la production économique d’un pays. A cet égard, le Sénégal compte 25 banques dont 4 établissements financiers selon la BECEAO et avec un taux de bancarisation de 21%. En Côte d’Ivoire ce taux est de 30%, au Maroc 71% et 49% en Tunisie. Cette étude comparative offre un meilleur cadre d’interprétation de l’atonie du secteur bancaire au Sénégal qui s’explique par une certaine concentration de l’activité bancaire, un secteur financier peu profond et par un déficit d’infrastructures bancaires.

Cependant, des efforts considérables ont été consentis afin de bouleverser cette atonie du secteur bancaire. C’est dans ce sens qu’on note une montée en puissance du paiement par mobile qui apparait comme une vraie innovation bancaire. Les services financiers offerts par mobile banking couvrent presque l’ensemble des services proposés par les banques classiques. Ainsi, la diffusion des technologies mobiles et numériques a déjà contribué à simuler largement l’ouverture de comptes en Afrique subsaharienne.

Au Sénégal, il y a 15 984 934 lignes de téléphonie mobile un taux de pénétration de 104,78% au 31 mars 2018 (Source : Rapport ARTP sur la téléphonie mobile).  La digitalisation des marchés financiers est portée par l’opérateur Mankoo ou Branhless Banking. Ce concept innovateur a été créé par la société générale, et qui s’assigne comme mission d’incorporer dans le système les exclus de la banque classique.

S’inscrivant dans le sillage de Mankoo, les opérateurs de transfert d’argent (Wari, Orange Money, Jooni Jooni, Tigo Cash) sont venus offrir plus de services financiers formels aux populations vulnérables. Désormais, les sénégalais peuvent sans se déplacer payer leurs factures (eau, électricité, audiovisuelles), acheter du carburant, recharger du crédit téléphonique, envoyer et recevoir de l’argent.

Le Sénégal traverse ainsi une véritable révolution technologique grâce à l’éclosion du mobile Money. Au regard de cette influence, la banque mobile devenue portefeuille électronique constitue une véritable alternative aux banques classiques et offre aux populations non banc a risées des produits comme le micro-crédit, la micro-épargne, la micro-assurance.

Outre cet impact, la banque mobile s’affranchit des obstacles géographiques pour toucher en profondeur les populations les plus défavorisées. Cette force de pénétration s’explique par le fait que le mobile Banking présente des coûts de transactions moindres.

Toutefois, il convient de souligner que l’essor du mobile money et mobile Banking doit être accompagné par un nouveau cadre réglementaire et d’harmonisation pour éviter les risques de blanchiments d’argents et de fraudes cybercriminelles. Une facilitation de l’obtention de la licence de mobile Banking serait aussi une bonne idée afin de permettre un détachement avec l’autorité centrale.

Aujourd’hui, ce nouveau contexte nécessite une réforme des lois portant réglementation bancaire dans le cadre d’une coordination entre les banques et opérateurs de réseaux.

En définitive, bien que le mobile money soit implanté dans tous les secteurs de l’économie et accessible à toutes les couches de la population, il reste des enjeux à relever. D’abord mettre en œuvre des programmes de sensibilisation et d’éducation financière, ensuite promouvoir des produits financiers pertinents et adaptés aux besoins des populations. En fin, renforcer l’identification des utilisateurs.

Mariame Tity Touré, Web rédactrice Publi Tech